La médiocrité des paroles silencieuses.

Pour lire ma pièce de théâtre contemporain, c'est ici

LA MEDIOCRITE DES PAROLES SILENCIEUSES
Extrait:

<<MARIXE.
Le soleil saigne de contempler l'humanité
Pour chaque jour un nouveau soleil
Un nouveau sang sur le monde
Le temps qu'il en naisse un autre
Nous dormons dans notre égoïsme
Jusqu'au jour où
Plus aucun soleil ne voudra saigner pour la Terre
(...)
MARIXE.
Elle voulait un modèle
Quelqu'un à imiter
Elle n'a trouvé personne
Elle a cherché pourtant
Mais
Personne
Alors, quelque chose peut-être
Depuis
Quand le soleil se lève elle se lève
Quand il se couche elle s'endort
Chaque matin son existence prend un sens
Depuis que le soleil
Et elle
Couchent ensemble
>>


Merci
A très bientôt

# Postato mercoledì 28 gennaio 2009 05:29

Modificato venerdì 03 aprile 2009 05:46

.


Merci à tous pour vos commentaires et vos avis, je lis des choses très touchantes.

Le nouveau texte est en ligne dans l'article ci dessus.

A bientot

[ Je m'excuse par avance pour les éventuelles personnes qui auraient recu 2 fois (j'espère pas plus héhé) une invitation vers mon blog. J'essaie de visiter les plus de pages possible, du coup il arrive que je retombe sur les mêmes sans forcément m'en rendre compte.. Ca n'arrive pas souvent, mais comme ca, c'est dit! Merci ! ]

C. L.




paternité-pas d'utilisation commerciale- pas de modification 2.0 France


# Postato mercoledì 10 dicembre 2008 05:00

Modificato martedì 03 febbraio 2009 16:51

1

(Parce que les jeunes artistes qui ont du talent méritent de se faire connaitre, amoureux de la musique, cliquez ici )
« Ne pouvoir vivre qu'une seule vie, c'est comme ne pas vivre du tout. »
M. Kundera
Je Pense J'écris J'existe


Tu t'es sans doute déjà demandé à quoi ressemblent ceux qui te font rêver en l'espace de quelques instants. Ceux qui arrivent à te faire entrer dans un autre monde grâce à seulement quelques mots jetés les uns derrière les autres.
Et bien moi, je me demande à quoi toi tu ressembles. La littérature n'est pas très juste. On peut découvrir celui qui écrit en lisant ses ½uvres mais on ne sait rien sur ceux qui nous lisent.
Toi.
Tu fais vivre le monde que je crée, parce que tant que tu tiens ce livre ouvert mon monde existe. J'ai crée un univers. J'ai crée un monstre. J'ai crée une chimère.
Au delà de ça j'ai crée la vie à travers des personnages que tu rends bien réel dans ton esprit. J'écris leur destin, je les fais souffrir et je peux les rendre heureux.
Et si les personnages que je manipule avaient des sentiments ? Et si c'étaient eux qui décidaient de tout ? Je donne la matière, ils sont la vie. L'inverse ?
Moi.
Je Pense j'écris j'existe.




























L'histoire commence là, pas bien loin d'ici. Elle peut aussi s'arrêter là, trop près d'ici.








FIN





















C'est facile d'écrire. C'est le seul domaine où l'on se sent maître de quelque chose...





Je m'appelle Nolann, je ne suis qu'une création éphémère, ma vie est courte, elle ne se limite qu'à quelques pages. Mais je ne vis que pour vous. J'existe parce que vous me donnez une forme, vous me faites à votre image et vous apprenez à m'aimer.
Je prends vie chaque fois que vous yeux me parcourent, comme un léger frisson que l'on sent monter le long du corps. Se sentir vivant.
Je meurs chaque fois que vous m'enfermez entre ces pages.
Je m'appelle Nolann, je ne sais pas qui je suis.

# Postato lunedì 08 dicembre 2008 07:27

Modificato mercoledì 24 dicembre 2008 11:20

2

I-
Parce que quand je ferme les yeux, moi, je me retrouve dans le noir le plus total. Pas de petits points blancs. Rien. Un noir éclatant, net, il en ferait presque mal. J'essaie de fermer les yeux le moins souvent possible.
Pour le moment je suis seule et je ne sais pas où je suis. Plus tard on viendra me retrouver et plus tard j'en apprendrais un peu plus.

Plus tard.

Je suis au milieu d'une foule immense, et c'est un défilé de couleur, jamais je n'ai été habituée à voir autant de monde.
En réalité je n'ai jamais vu personne. Je n'existe qu'entre les pages de ce livre. Les couleurs m'éblouissent, elles me font mal et m'effraient plus que le noir. Du rouge du vert, du bleu, du orange, du violet, du jaune, du marron. Elles tournent. Rouge vert bleu orange violet jaune marron. Ou alors c'est moi. Rouge vert bleu orange violet jaune marron.
Est-ce que je deviens folle ? Rouge vert bleu orange violet jaune marron.

STOP

Il y a moins de monde. Merci... A présent je peux distinguer où je me trouve. C'est une grande place. Non, elle est immense. Mes pieds nus touchent le goudron. A ma gauche quelque chose que je définirais comme un immeuble aux formes improbables. Dans votre réalité il n'aurait jamais tenu une seule seconde. Mais ici tout est possible. Il est gigantesque. Je lève la tête. Je n'en vois pas la fin et déjà ma nuque m'envoie des signes de fatigue. Je baisse la tête. Je regarde les gens qui m'entourent. Ils m'inspirent confiance. Ils savent qui je suis, j'aimerais savoir qui ils sont. Je voudrais tous les connaître, les connaître au plus profond d'eux mêmes. Je veux toucher leur âme. Est-ce que j'ai une âme ?
Il me prend soudain l'envie de tous les questionner sur ce qu'ils font, où ils vont, qui ils sont. Lui, pourquoi a-t-il une cicatrice sur le front ? Quelle est la couleur préférée de cette femme là-bas ? Y en a-t- il un d'entre eux qui est amoureux ? Comment s'appellent ces quatre personnes qui me dévisagent?
Je m'appelle Nolann, et je ne suis pas seule.


Les secondes hors du temps.
Battement de paupières.
Il n'y a plus personne. Qu'une jeune fille, peut être 17 ou 18 ans, elle s'avance d'un pas décidé. Elle s'arrête à quelques centimètres de moi. Je sens qu'elle va faire quelque chose, alors brusquement j'ai peur.
Pas le temps de me rassurer:
« - Bonjour Nolann »
Je sursaute.
Les mots résonnent.
« Bonjour Nolann ». Mon c½ur bat à toute vitesse.
« Il ne faut pas avoir peur, tu sais. » Du calme, ma respiration redevient régulière, sa voix m'apaise.
« Je sais qui tu es Nolann, je t'ai donné la vie ».
Quelque part je le savais, j'avais éprouvé un étrange sentiment de sécurité paradoxal à la peur que j'avais ressentie. La peur de l'autre. Ma créatrice. Alors c'est elle, assez grande, les cheveux longs, bruns, les yeux verts, une voix profonde, sûre d'elle mais pas trop. Soudain, des tas de questions se bousculent, vite, il faut que je lui demande, il n'y a qu'elle qui peut savoir. Les mots veulent sortir, ils me brûlent les lèvres, et pourtant quelque chose me retient. Elle ? Je me lance:
« Qui je s... »
NON
Elle m'arrête. Je sais qu'à présent chaque parole aura un sens. Je ne dois pas gaspiller les mots. Est-ce que je sais me servir des mots ?
« On cherche tous des réponses, peut être les connaîtras-tu. Ton point de départ sera ce bâtiment aux formes étranges. Je te laisse une chance d'écrire ta vie, encore faut-il que tu la trouves. C'est un jeu Nolann, et je vais te pousser à bout... N'oublie pas que tu n'existes nulle part ailleurs que dans l'esprit de ceux qui veulent bien t'y laisser une place. A toi de voir si tu veux être un pantin ou si tu préfères tirer les ficelles de ta vie. Mais dépêche toi, on ne sait jamais quand le livre se referme, tu connais les règles du jeu.» Oh oui, je les connais les règles, je voudrais les réécrire...
Alors elle tend son poing vers moi, dans lequel elle serre un objet. J'avance ma main gauche. Quand ta main cherche la mienne. Premier contact. Sa peau est tiède, douce, ça ne dure qu'une fraction de seconde. Et je suis à présent en possession de l'objet, que j'observe plus attentivement. C'est une montre, une petite montre dorée. Mes yeux s'arrêtent sur la trotteuse. Elle est immobile. Je ne sais pas trop ce que je dois faire avec cette montre qui ne fonctionne pas.
« Qu'est ce que je... ? »
Encore une question inachevée, ma créatrice a disparu.

# Postato lunedì 08 dicembre 2008 07:33

Modificato giovedì 18 dicembre 2008 17:15

3

II-
Je suis à nouveau seule, mais ce n'est plus la même solitude. Je me retourne, et je suis face à ce géant de béton. Alors je me sens minuscule, dépassée, trop vulnérable. Je ne suis rien, moi, seule face à ce monstre de vie. La curiosité me pousse à faire quelques pas vers l'édifice. Trois marches précèdent la porte qui me permettra d'entrer. Je pose mon pied gauche sur la première, et aussitôt, j'entends un presque imperceptible « clic ». Le bruit vient de ma main gauche. Je regarde. La montre qui auparavant était bloquée sur 00h00 semble s'être soudainement remise à fonctionner. A présent, je peux voir la petite trotteuse commencer sa course inlassable, défiant les heures et les minutes, se moquant du reste, insaisissable.
Cela me fait penser qu'Elle m'a dit de me dépêcher.

00h01
Après un dernier coup d'½il à ma montre, je la mets dans la poche de mon pantalon noir, et je termine l'ascension des marches pour enfin arriver devant cette porte imposante. En l'observant bien, je vois qu'est gravée dessus une montre semblable à celle qu'Elle m'a donnée. J'avance une main vers la gravure. Le métal est froid. Je frissonne. Je ferme les yeux afin de sentir sous mes doigts tous les détails, la courbure du cadran, la longueur des aiguilles. Puis je pose mon autre main sur la poignée, prends une grande inspiration et pousse la porte. Un dernier coup d'½il et je peux voir que la montre dessinée sur la porte indique 00h03.

00h03
J'entre.
Ce qui s'offre à mes yeux est impressionnant. Les dimensions sont irréelles. Un long couloir. Je n'en vois pas la fin. De part et d'autres des portes, innombrables. Le tout plongée dans une légère obscurité. Je regarde le sol, il est d'un noir pur, je semble flotter. Je ne sais pas d'où vient la lumière, peut-être de la porte que je n'ai toujours pas fermée. Il y règne un silence assourdissant. Je ferme la porte, tant pis si je me retrouve dans le noir.
Porte fermée.
BAM
Rires, pleurs, paroles, exclamations, hurlements, conversations, c'est un déluge de bruits, de murmures incompréhensibles, d'exclamations inaudibles. Je me bouche les oreilles. Explosion de vies. Ca semble venir de partout, les voix m'assaillent, m'effraient et me donnent le vertige. Je ne comprends rien. Trop. Je ne sais pas quoi faire. Trop. Sans m'en rendre compte je titube, le flot continu de paroles prises au hasard semble me mener vers la 2ème porte sur la gauche du Couloir Interminable. Trop. Je ne les écoute pas mais je les entends. Trop. Alors je hurle, et je frappe à la porte sur laquelle je suis lamentablement jetée, en espérant bêtement que quelqu'un vienne m'ouvrir et me délivrer de ce vacarme qui me rend folle. Oui je hurle, je hurle, mais c'est tout juste si le son de ma voix arrive à se faire une place parmi celles qui m'entourent. Je me rends compte qu'il est inutile de frapper, je suis seule. En mettant la main sur la poignée je n'espère trouver qu'une chose en ouvrant cette porte: le silence. En attendant l'heure tourne.
J'entre.

00h08

Apaisée...
Je suis allongée sur quelque chose de frais. C'est agréable. Les rayons du soleil caressent mon visage. Le bien- être qui m'envahit me fait sourire. Elle me semble loin l'hystérie qui me gagnait dans l'obscurité du Couloir Interminable. Une question en boucle dans mon esprit: Comment suis-je arrivé ici ? Autour de moi, de l'herbe, verte, entretenue et récemment arrosée. Je me relève, je veux savoir où je suis. Face à moi une petite maison, rien d'exceptionnel, plutôt modeste. Une porte fenêtre donnant accès sur le salon est entrouverte. Je m'approche, et j'entre. Il fait plus frais qu'au dehors, je devine qu'on a mis en route la climatisation.
La climatisation ? Quelle climatisation ?
Il me semble avoir des souvenirs, des souvenirs d'une vie que je n'ai pas vécue pourtant.
Du moins je crois.
Cependant je sais que je suis chez moi. Mais je ne sais pas encore qui est ce « moi ». Dans le salon deux canapés blancs, en face, une télévision. J'aime bien m'y reposer quand je rentre de l'école.
De l'école ? Est ce que j'y suis vraiment déjà allée?
Mon dieu mais quel âge j'ai ? Il me semble pourtant ne pas avoir changé depuis mon passage dans le Couloir Interminable. Il me faut un miroir, je dois me voir. Je sais exactement où il se trouve. Il y en a un dans la chambre de mes parents. Je commence à m'habituer à l'émergence des souvenirs, qu'ils soient miens ou non, au fil des secondes il me semble normal d'appartenir à ce passé. Le miroir n'a que peu d'importance à présent, il ne m'apprendra rien.
Je m'appelle Nolann et quand je ferme les yeux il ne fait plus noir.

# Postato lunedì 08 dicembre 2008 07:41

Modificato lunedì 08 dicembre 2008 08:45

4

III-
Alors s'installe un malaise que je ne connaissais pas jusqu'alors. Un profond chagrin. Il se passe quelque chose. Un évènement important, grave peut être, est en train de se dérouler dans cette vie qui est désormais la mienne. A l'étage j'entends des voix. J'emprunte les escaliers qui se trouvent près de la porte d'entrée. Je sais que je dois cacher cette tristesse, je sais que je ne dois pas craquer, pas encore, pas maintenant. Ma mère est dans la chambre de ma s½ur. Je vais dans la mienne et je grimpe sur mon lit. Ma mère arrive quelques secondes plus tard. Elle me prend dans ses bras. Murmure « je voudrais que le temps se fige ».
Soupir.
Et ce sentiment angoissant à nouveau. Elle aussi est pleine de chagrin, je le sens. Ce jour sera définitivement le plus marquant de toute ma vie, je le sais. Coup de téléphone, ma mère décroche. Elle doit partir, des amis vont venir nous garder ma s½ur, mon petit frère et moi. Peu d'explications. De toute façon on le sait déjà. Et je commence déjà à regretter de ne pas avoir passé plus de temps avec elle hier soir. Elle. Ma grand-mère. Je veux me rappeler de tout. Ce qu'elle aimait me dire, comment elle était venue habiter en France, sa vie à Alger. Et je l'écoutais. « Plus tard tu écriras mon histoire ». Mais je n'arrive déjà pas à écrire la mienne. Pourquoi faut-il que ça arrive maintenant ?
Que m'a-t-elle dit déjà hier ?

Temps.

Face à moi une horloge, 22h30. Alors je me rappelle d'une montre, et je mets la main dans ma poche. Le contact du métal me fait frissonner. Je sors la petite montre. Elle indique 3h03. Je regarde à nouveau l'horloge, 22h31. La montre, 3h03. « Elle est détraquée » mais quelque chose me dit de ne pas la jeter.
« Allez les filles, allez vous coucher. » Regards emplis de pitié. L'après midi a été dure. Mais ils ne comprennent pas eux. Ils n'auraient pas pitié sinon.
Ce soir je dormirai avec ma s½ur. Elle est plus grande que moi. Je sais qu'elle me protège.

Demain.
Ambiance pesante. Les amis de mes parents savent quelque chose. Ma mère rentre, accompagnée de mon père et de ma tante. Les amis s'en vont, murmures discrets.
Puis rien. Pas un mot. Ou alors ils ne disent pas ce qu'on voudrait. On évite le sujet. Plus pour longtemps.
« Elle a dit qu'elle nous garderait tous dans son c½ur ».
Sanglots. Crises de larmes. Insignifiance du monde autour de nous. Le temps a dû se figer, mais ce n'était pas au bon moment.

Peu d'importance.

L'heure ? Je m'en fiche. Il n'y a pas d'heure, il n'y a plus d'heure. Il n'y a que la vie qui s'écoule et qui disparaît sans laisser de traces. Je te ferai vivre. A travers moi. Mes enfants connaîtront ton nom, les leurs le prononceront. Mon petit frère a fait un dessin qu'il a posé sur ton lit, il a dit que les anges viendraient le chercher pour te le donner. Alors je sais qu'il a compris. Il a compris que la seule manière de garder ton souvenir était d'en laisser une trace. Alors comme un robot, moi Nolann, assise sur mon lit, en plein milieu de la nuit, me penche sur ma table de chevet, prends un stylo, une feuille et laisse mon esprit guider ma main pour ce qui sera ma première expérience d'écriture.

« Mélange d'idées, de sentiments. Pensées. Tourbillons. Fin . Début. C'est fou ce que l'être humain peut être intelligent. Comment ? Qui ? Qui un jour saura ? Mais a-t-on vraiment envie de savoir ? Vivre. Qu'est ce que ça veut dire ? Trop de questions sans réponses. Beaucoup trop. La bonne éducation voudrait que je me contente des quelques explications scientifiques destinées a combler les esprits naïfs ou les esprits qui ne veulent pas être dérangés. Incompréhensible. Trop à dire qu'une vie entière ne suffirait pas. Trop. Toujours trop. Prisonnière de mes propres pensées. Il y a tant de choses que je regrette. Mort. Pas eu le temps d'assez dire je t'aime. Elle. Je lui ai trop dit ?). Silence. Demain sera différent. Un autre problème. Un autre mensonge. Une autre vie. Un autre visage. Non. Je ne veux pas changer. Écrire jusqu'à l 'épuisement. Des fois les choses faciles sont plus compliquées. Mort. Je n'ose pas mettre ton nom. Ton odeur. Ton étreinte. Ta voix. Tu me manques. Regrets. Encore. Toujours. On ne sera jamais contents. Suivre le même chemin. Ne pas se démarquer. Revenir de loin et faire vivre ton souvenir qui me brûle le c½ur. »

Je m'appelle Nolann, et je sais qu'il existe un sentiment pire que la solitude.


# Postato lunedì 08 dicembre 2008 07:44

Modificato lunedì 08 dicembre 2008 08:45

5

IV-
Bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement bourdonnement
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Ma tête mes oreilles mon crâne mon esprit mes tripes et d'avant en arrière et d'avant en arrière. Sol froid, infini, je flotte, impression de déjà vu, je sais, je sais plus, je me balance, je me balance, respiration saccadée, épuisement, noir, noir éclatant, noir qui fait mal. Couloir Interminable. Épuisement, épuisement, souffle, épuisement...

V-
Quand je me réveille, je ne sais pas à quelle allure a filé le temps. Est ce que c'est vraiment important ? Sans doute que oui.
Je suis encore à terre, sur le dos, les bras le long du corps, et machinalement mes mains caressent le sol, lisse. Comme si personne avant moi n'était venu le fouler. Quelques images de la vie que je viens de vivre me reviennent peu à peu. Brefs flashes dans mon esprit. Puis semblent disparaître. J'essaie de les garder, mais c'est comme quand on veut dire quelque chose que l'on oublie subitement. J'ai en ce moment cette impression désagréable d'oublier quelque chose que je sais.
Je me relève. Les sourcils froncés. L'effort vain que j'essaie de faire pour me souvenir de ce que je viens de vivre m'empêche de voir que quelque chose est tombé de ma poche. Alors j'ai soudain une idée. Y retourner. Il ne tient qu'à moi de poursuivre cette vie, après tout, il n'y a qu'une porte qui m'en sépare.
Je mets la main sur la poignée de l'entrée que j'ai déjà ouverte auparavant. Je sens mon c½ur s'accélérer, et d'un geste vif, je pousse la porte.

VI-
Déception.
Comme si quelqu'un l'avait verrouillée après mon passage. Je réessaye.
Toujours rien.
Je reste incrédule et à nouveau je me surprends à froncer les sourcils, mais cette fois-ci d'agacement. Je fais quelques pas en arrière et si j'y avais fait attention tout à l'heure, je n'aurais pas glissé sur la petite montre en or. Ma chute ne m'a pas fait mal, je suis assise contre, je crois, une autre porte. Je ramasse ma montre qui indique à cet instant précis 4h34.

4h34
Me promettant d'y faire plus attention, je la glisse dans ma poche gauche et cherche une aide pour me relever. Ma main s'agrippe à la poignée de la porte contre laquelle j'avais trouvé appui et de tout mon poids je me relève, enclenchant le mécanisme de la poignée qui m'ouvre l'accès sur un monde inconnu qui m'excite, m'effraie, et semble m'aspirer, m'aspirer, m'aspirer....

# Postato lunedì 08 dicembre 2008 07:46

Modificato lunedì 08 dicembre 2008 08:45

6

VII-
CLAC
Orage.
La banc d'en face.
Chaque coup de tonnerre retentit à mes oreilles comme un claquement de fouet. Je suis trempée, mais je n'ai pas froid.
Mon regard s'est fixé depuis un moment déjà sur la maison face à moi. Il me semble même ne pas encore avoir cligné des yeux.
Combien de temps déjà ? Depuis combien de temps suis-je assise ici, sous l'averse ? 10 minutes ? Une heure ? Une demi journée ? Je ne sais pas et je ne cherche pas à savoir. Peu importe le moment que j'ai pu passer sur ce banc, ici plus rien ne m'atteint, pas même le temps.
Si j'avais été dans ma chambre ce soir là comme j'aurais dû l'être, j'aurais pu distinguer les formes d'une jeune femme assise sur le Banc d'en Face, les yeux rivés sur ma maison depuis un trop long moment. J'aurais sans doute pensé que c'était une clocharde, ou pire, que c'était une droguée. J'aurais sans doute eu un peu peur, peur de voir que cette femme pouvait rester aussi longtemps immobile à fixer si étrangement ma maison. Alors je serais sans doute descendue au rez-de-chaussée, j'aurais averti mon mari - Qui sait ce que les drogués peuvent faire ? C'est triste -. Tous les deux on serait remonté dans la chambre et tous les deux on aurait vu cette jeune femme, qui inlassablement n'aurait pas bougé d'un millimètre, indifférente à l'orage qui s'abattait sur elle. J'aurais sans doute pensé qu'elle attendait quelque chose. Mais quoi ?
J'aurais pu imaginer des tas de choses à son sujet, qui sait ? Je lui aurais peut-être même inventé une vie. Pourquoi elle était là ? Pourquoi devant chez moi ? Qu'est-ce qu'elle attendait ? Qu'est- ce qui pouvait être aussi important pour qu'une jeune femme soit assise, immobile, à 22h56 sous une pluie qui fait rage?
Oh oui j'en aurais pensé des choses... Mais jamais je n'aurais pensé que cette femme... c'était moi.

22h56

Immobile encore. Toujours. Je resterai là jusqu'à ce que sa lumière s'éteigne. Jamais le Banc D'en Face ne m'avait paru aussi confortable que ce soir. A la pluie se mêle le vent. Je m'en moque. Il pourrait tout aussi bien neiger. Je ne le sentirais même pas.
Je me sens emplie d'une sérénité profonde. Ce soir je sais ce que je dois faire. Et j'aurais bien été la seule à savoir ce que je devais faire aujourd'hui.

Eclair.
1...2...3...4...5...6...7...8...9...10...11...12...13...14
CLAC
Ma mère disait qu'il faut compter combien de temps il y a entre l'éclair et le tonnerre pour savoir à combien de kilomètre se situe l'orage. Je sais que ça ne vaut rien. Mais à chaque foudre du ciel, inconsciemment, depuis toujours, je compte. Je ne devrais pas être dehors sous la pluie. D'ailleurs je ne sais pas encore où j'irai après l'avoir fait. J'y réfléchirai plus tard, ce n'est pas le moment. Ce n'est pas le moment non plus de repenser, une boule de haine au ventre, à ce que j'ai vu. Non ce n'est pas le moment de repenser à mon mari baisant avec sa pétasse dans mon dos mais surtout dans mon lit. Non ce n'est pas le moment de perdre son sang froid, non...
Rire nerveux.

Eclair
1...2...3...4...5...6...7...8...9...10...11
CLAC

Oh mais ce soir tu vas payer. Oui je vais détruire ton chef d'½uvre. Oui je vais détruire le fruit de ta sueur. Oui je vais détruire tes mois de salaire. Oui je vais salir de honte les murs de ta maison. Oui je serai là chaque fois que tu l'effaceras. Oui tu vas regretter. Oui c'est trop tard. Oui l'humiliation te dévorera de l'intérieur. Oui salaud... Oui salaud...

Eclair
1...2...3...4
CLAC
Lumière éteinte. Je me lève doucement du Banc D'en Face. Pas lents.

Eclair
1...2
CLAC
J'ai enjambé le muret, mes pieds se sont enfoncés dans l'herbe et la boue. De ma main gauche je prends la bombe de peinture bleue dans la poche de mon anorak.


Eclair.
1...2...3...4...5...6...7...8...9...10...11...12...13...14...15...16...17...18...19...20 ...21...22...23...24...25...26...27 Ca n'a pris que quelques secondes pour le faire...35...36...37... Encore un peu...41...42... Fini...43...44
CLAAAAC

Je recule pour mieux voir, je glisse, je trébuche. La pluie incessante et l'obscurité de la nuit m'empêchent de voir comme je le voudrais.

Eclair.
1..2...Non.
Cette fois je ne compte plus. Je crois même que je ne respire plus. Jamais de toute ma vie je n'ai éprouvé une telle sensation. Un sourire se dessine sur mes lèvres et je profite encore quelques fractions de secondes de la lumière du flash pour voir écrit en toutes lettres sur le mur de ce qui était chez moi, chez nous


SALAUD

[Nous ne serons jamais quitte]


CLAC


















# Postato lunedì 08 dicembre 2008 07:48

Modificato lunedì 08 dicembre 2008 08:45

7

VIII-
Couloir interminable. Infini, mes cheveux dans mes mains, mes mains dans mes cheveux. Humides. Humide ma tête, humides mes joues au contact de mes larmes. Je suis torturée par un passé qui me fait vivre et qui ne m'appartient pas, par un futur qui n'est pas le mien et vers lequel je me dirige. Flash d'une vie que j'aurais pu vivre. Réminiscence d'une époque que je ne connais pas. Sentiments que j'ai éprouvés, émotions que je ressens. Ils s'échappent, les mots s'échappent, rattrape les Nolann, ils sont précieux...

Est-ce que je sais me servir des mots?

« Les mots, je les prends sans les connaître, je me les approprie, je leur donne le sens que je veux. Je les déforme, je les ampute, je leur enlève des membres. Je les assemble afin qu'ils ne puissent plus rien dire. Je les mets à coté les uns des autres, en tas, pourriture humaine, amas de connerie, ils ne veulent plus rien dire. Ils n'existent que dans ma tête, et dans ma bouche ils sont capable de tuer des gens. Je dispose de l'arme la plus terrible et la plus horrible qui existe: les mots. Je m'en sers gratuitement contre n'importe qui. Je ne me pose pas de questions. Tu es ma victime, et doucement avec mes mots je te tuerai, je te rendrai esclave de moi, tu seras ivre, et jamais je ne m'arrêterai. Parce que mes mots m'emprisonnent, parce que tôt ou tard c'est moi qu'ils tueront, parce que j'ai déjà commencé à me suicider. Parce que je contribue à ta mort. Parce que depuis la mienne je ne dors plus. Parce qu'il ne reste de moi plus qu'une ombre sans aucune valeur que celle que je veux te faire croire. Parce qu'avec mes mots je me trouve belle et qu'avec les tiens tu y crois. Parce que je reprends plus que ce que j'ai donné. Alors avec tes mots je veux que tu me dises que tu me détestes, torture moi, hais moi, dis moi que tu ne m'aimes plus, crache moi dessus, fais moi souffrir plus que je ne pourrais jamais le faire, arrache moi le c½ur, piétine le et rends le moi arrache moi la peau et donne m'en une nouvelle détruis moi et éparpille mes cendres coupe moi la voix respire avec mon souffle ne me laisse rien. Prends moi tout, prends moi tout. Prends moi tout, ne me laisse pas faire plus de dégâts, prends moi les mots, prends moi les, confisque les .... Et ne me les rends jamais. »

IX-

Epuisée.
Alors quelque chose me frappe, et je me demande comment je n'ai pas pu le remarquer avant. En entrant dans le Couloir Interminable la première fois, j'ai ouvert une porte parce que le bruit qui m'entourait était insupportable. Seulement maintenant, je n'entends rien. Pas un seul bruit. Pas un seul souffle. Rien. Le temps suspendu. Moi hors du temps, ou peut être trop dedans. Peut-être aussi que je deviens humaine. En entrant dans la vie je n'ai plus entendu les autres. Quand on commence à vivre, on entend plus les cris du monde. Je suis comme eux. Ils crient tout autour de moi mais je ne les entends plus. Je suis dans la vie, il me reste juste à trouver la bonne, à trouver ma vie, il faut que j'ouvre la bonne porte.
Je me sens tellement légère maintenant. Je sais pourquoi je suis ici. Je dois simplement trouver qui je suis. Juste ça, juste ça...
J'avance de quelques mètres dans le couloir interminable. C'est comme si je flottais. Il n'y a aucun bruit. Je vole au milieu de l'infini. Pourquoi pas celle ci ? Ou celle là ? Elles se ressemblent toutes de toute façon. Celle là. Oui celle là. Je m'arrête et me mets face à la porte que j'ai choisie, la pousse et fais un pas vers ce qui sera peut-être définitivement ma vie.

# Postato lunedì 08 dicembre 2008 07:51

Modificato lunedì 08 dicembre 2008 08:45

8

X-
Vomir mes entrailles et libérer mon esprit.

Elle ment. Je ne suis pas folle. Je ne suis pas tout ce qu'elle pense. Je ne suis pas une autre. Je ne suis pas mauvaise. Je ne suis pas malade. Je ne suis pas un mensonge. Je ne suis pas ce qu'elle veut. Je ne suis pas. Ne me suivez pas. Au fond de l'abîme. Il ne reste plus que moi. Face à moi même, je serai:

Patiente: Nolann
Troubles psychologiques, hystérie
Médecin traitant: Nolann

Vomir mes entrailles et libérer mon esprit.

Je serai mon propre médecin.
Elle m'a fait croire: A l'intérieur de moi tout est pourri, mon esprit est sale et mon âme pue. Je dois me guérir de moi. Mon propre fléau. Je suis l'objet de mes souffrances et il faut guérir le mal par le mal. Cracher mes pensées, habiter un autre corps.

Le canapé blanc. De ma place discrètement, alors qu'elle me croit ailleurs, perdue dans mon monde spirituel impénétrable, je peux voir tout ce qu'elle tape sur son ordinateur. Toutes les choses qu'elle dit sur moi.

Rapport:
La patiente souffre de troubles de la personnalité. J'hésite à parler de schizophrénie. Elle ne distingue plus le vrai du faux. Ne semble raccrochée à aucune réalité. Murmure des phrases qui n'ont pas de sens, desquelles j'arrive à distinguer quelques mots, qui reviennent comme un leit-motiv. Le plus souvent j'entends « pas moi » ou « je cherche ». Pour la séance d'aujourd'hui j'ai choisi de lui lire un article de journal relatant le meurtre horrible de 4 adolescents. La patiente a souri, le regard vide. Rien ne semble la toucher. Quelques fois elle esquisse des gestes qu'elle laisse inachevés. Quand je lui demande ce qu'elle veut faire dans l'avenir elle me répond « vomir mes entrailles et libérer mon esprit ». Elle me laisse perplexe. Je sens en elle une grande capacité de réflexion. Ses silences peuvent en dire longs. Les neuroleptiques prescrits ne semblent pas avoir fait effet. Son comportement est troublant, même pour une spécialiste avérée telle que moi. Au fond, je me demande des fois si tout cela n'est pas une comédie. Ma patiente semble se chercher. Mais il apparaît évident qu'elle a subi un grand traumatisme.
Lequel est-ce ?
Ces 5 mois de thérapie ne m'ont pas encore permis de le trouver. Ma patiente me donne l'impression de vouloir me manipuler. Le jeu de séduction qu'elle a tenté d'opérer durant les toutes premières séances s'est vite arrêté. Je suis habituée à ce genre de jeu, ce n'est pas la première patiente schizophrène qui aura tenté de me séduire. Seulement avec elle c'était différent. En réalité, elle aurait pu ouvrir un livre de médecine et lire tous les articles se relatant aux maladies psychologiques. Depuis le début de sa thérapie mon sommeil est devenu agité. Je me réveille en pleine nuit avec des envies que je n'arrive pas à déterminer. J'éprouve des sentiments qui m'étaient auparavant inconnus. J'ai des flashs, des idées qu'il faut que je note, ou que je garde bien précieusement dans un coin de ma tête. Quelques fois je me demande si c'est elle ou moi qui est la plus malade...


Je détourne le regard. Satisfaction intérieure. Elle continue à écrire sur moi, mais ça ne m'intéresse plus. Je suis la seule à savoir qui je suis. Petits doigts délicats qui tapent sur le clavier. Ces lignes ne me ressemblent pas. Je n'ai pas besoin d'un médecin. Je n'ai besoin de personne. Je suis la seule à savoir. Je me lève. Arrêt brusque de ma thérapeute. Elle ne s'attendait pas à un mouvement de ma part. Ses grands yeux verts me dévisagent.
« J'ai bientôt terminé Nolann, juste quelques minutes s'il te plait »
Il n'y a rien à terminer madame. Vous m'avez laissé aller trop loin. C'est toi qui est schizophrène, c'est toi qui ne sait plus qui tu es. Alors tu m'analyses, comme n'importe quel objet, et dans un rapport tu écriras toutes ces choses que tu crois vraies sur moi. Je ne suis plus ton objet. Tu m'as donné trop de liberté. Je suis incontrôlable. Retiens moi entre les lignes.
-« Nolann, qu'est ce que tu fais ? »
Je m'approche d'elle. Un morceau de papier blanc à la main, sur lequel je viens d'écrire quelques mots. Je lui tends. Son contact m'est toujours aussi agréable. Sa peau est toujours aussi tiède et douce. Et lorsque nos mains se frôlent cela ne dure pas plus d'une fraction de seconde.
-« j'arrête le traitement. Les réponses à vos questions sont là, sur ce bout de papier que je vous donne. »
Elle dit quelque chose, elle ne comprend pas, elle tente de me retenir. Je pars, je claque la porte. Je fouille dans ma poche et j'en sors une montre en or qui indique 6h10. L'horloge de ma thérapeute donnait 16h32. Je range la montre dans ma poche. Ce n'est pas cela que je cherchais. Alors je sors un petit bout de papier blanc, identique à celui que j'ai donné il y a quelques secondes à ma psychanalyste. J'ai écrit la même chose sur nos deux papiers. Je déplie le mien, en pensant qu'elle doit faire à ce moment précis le même geste que moi. J'ai peur de ce que je vais lire, alors que c'est moi qui l'ai écrit. Peur d'y voir autre chose. Peur d'être allée trop loin dans ce que j'ai affirmé. Peur de m'être trompée. Mon c½ur bat un peu plus fort. Je reconnais mon écriture et soulagée je peux lire:

« Je suis Nolann »



[Je crois que c'était Elle.]







# Postato lunedì 08 dicembre 2008 07:57

Modificato lunedì 08 dicembre 2008 08:45